Gilbert le Bris
Mon hommage à Jean et Charlotte Stère lors du 10ème anniversaire du cinéma « Le Kerfany »
Lundi, 02 Mai 2016 10:45

jean_stre_portrait_3Jean était typographe, c'est-à-dire un des rois de l’écrit. Pour lui rendre hommage j’ai donc fait, exceptionnellement, un texte que je porte à votre connaissance.

Jean et Charlotte Stère,

Voilà des personnalités qui méritaient d’être aimées… et qui l’étaient par beaucoup de gens (g.e.n.s) et j’en (j’e.n) étais. Bien sûr je connaissais mieux Jean (J.e.a.n) pour l’avoir côtoyé plus fréquemment que Charlotte.

Jean pour moi c’était d’abord une silhouette, bien came, bardée d’appareils photo, avec ou sans casquette, le sourire aux lèvres et affirmé comme quelqu’un qui porte le poids d’une histoire forte, la sienne, un parcours réussi et un itinéraire d’initiatives et de dévouement.

Il faisait vraiment partie de ces personnes avec lesquelles on a plaisir à être en harmonie de pensée !

Jean répondait bien à la définition de son nom, qui vient du grec Stereos, et veut dire solide.

On sait aussi qu’un Stère c’est une unité de mesure et d’ailleurs un décret a précisé que « l’emploi du stère devra cesser avant le 31 décembre 1977… ».

Heureusement cela n’a jamais concerné Jean, dont la vie n’a été qu’activités, investissements personnels et projets !

Quelle bonne idée de donner leur nom à la salle de projection ! Dans projection, il y a cette idée de se projeter, donc d’avoir des projets, et toute sa vie Jean en a eu ! D’ailleurs quand je dis Jean, vous devez entendre Jean et Charlotte car rien de grand ne se fait tout seul !

Projection donc de Jean quand il se porte, tout jeune, volontaire pour la Marine Nationale, fusilier marin en Algérie, voltigeur de pointe là-bas (définition = fantassin d’élite chargé de missions de combat) et il fera preuve d’un tel courage qu’il a obtenu la médaille militaire !

Se projeter il a aussi su le faire quand, devenu Président de l’association pour la défense de l’Art typographique il réunit les fonds nécessaires à l’achat et la rénovation du vapeur à roues à aubes de 1926 le « Princess Elisabeth », pièce historique qui a sauvé 1763 soldats français et anglais coincés à Dunkerque en 1940… d’ailleurs ce navire rénové et honoré sur les berges de la Seine a été remis, comme il l’avait promis à Michel Delebarre, député et maire pour la ville de Dunkerque.

Se projeter dans l’avenir il a aussi su le faire, avec Charlotte et d’autres, pour initier ce projet de Kerfany avec l’association des « gars de Saint Philibert » et le rôle culturel de cet investissement est tout à fait éminent !

Au cinéma on sait qu’avant la projection, il y a la distribution du film et même avant la production.

La distribution c’est quand même l’Art de faire profiter les autres de sa générosité, c’est une notion de solidarité qui vient à l’esprit !

Et la solidarité, le souci de l’autre, la distribution donc de choses positives, cela fait partie de la personnalité de Jean !

A peine rentré à l’Imprimerie Nationale comme compositeur typographe, il s’occupe des autres :

- Les anciens d’Algérie en présidant une section FNACA à Paris puis dans son implication à Moëlan
- De ses collègues de travail en étant secrétaire de la chambre syndicale typographique parisienne
- De leur patrimoine commun en créant la revue « Graphe » pour garder la mémoire ouvrière des typographes du plomb !
- De ce qui se passe dans le monde lorsque le FNLKS a recours à son aide pour les moyens techniques nécessaires à la négociation du nouveau statut de Nouvelle Calédonie. J-M Tjibaou l’a salué publiquement pour cela !

Lorsqu’il fait des actions de solidarité avec le Vietnam ou le Nicaragua… Il organise un salon des peintres vietnamiens et dans un but humanitaire d’éradication de la lèpre dans ce pays.

Déjà l’Art au service d’une noble cause.

Mais le 7ème Art il l’a mis aussi ici, au service du soutien, de la SNSM, l’Ethiopie ou les otages Ghequière et Taponier par exemple.

Chers amis, avant la projection d’un film, avant sa distribution, il y a sa production.

Et Jean a été un producteur non seulement de bienfaits mais aussi d’activités.

On lui doit non seulement sa production à l’imprimerie nationale mais aussi la fondation en 1983 de la société « Graphisme et Communication », dont il sera la PDG et qui a été un centre important dans la région parisienne, pour la formation et la reconversion (clients ADP, BDF etc.)

Plus tard il reprend une imprimerie, bien connue des députés, « Librairies, imprimeries réunies » alors en dépôt de bilan et qu’il parvient à redresser avec 95 salariés.

Et puis produire du bonheur, pour tous les amateurs de cinéma, les vrais « Cinéma Paradiso », c’est ce qu’il a fait ici à Moëlan.

Producteur de bonheur, distributeur de bienfaits, projecteur de réussites, décidément toute la vie de Jean ressemble au destin d’un film.

Mais un film de joie, de partage, de succès !

Par son charisme, son sens du collectif, sa volonté d’aller de l’avant, il a, ils ont, embelli bien des vies.

Je vais vous faire un aveu : j’étais sur le point d’obtenir pour Jean une promotion dans cet ordre de la légion d’honneur à laquelle il appartenait déjà. La fin, trop tôt de sa vie, n’a pas permis d’aboutir.

Mais l’honneur nous le rendrons ici et c’est mérité !

Et nous sommes légion à le faire car cette estime pour eux est largement partagée !

Honneur et Reconnaissance à Jean et Charlotte Stère !

 
Copyright 2008 © Gilbert le Bris - Conception & hébergement icomme - Mentions légales