Gilbert le Bris
Désaccord avec Arnaud Montebourg
Mercredi, 27 Août 2014 08:08
28juin2011-2Je fais partie des «fidèles historiques» d’Arnaud. Je l’ai accompagné depuis son arrivée à l’Assemblée, ai participé à la mission « paradis fiscaux » avec lui, fondé le NPS à ses côtés, l’ai soutenu à chaque congrès, été son seul représentant parlementaire breton à la primaire socialiste de 2011.
Aujourd’hui je suis en désaccord non pas idéologiquement mais stratégiquement.
Pour avoir dirigé un exécutif durant de nombreuses années je sais que la cohérence d’une équipe est le gage de son efficacité. Arnaud souhaitait faire entendre « sa petite musique » comme disent les commentateurs. Mais il sait que l’on ne peut avoir un pied dedans, un pied dehors. Si son opposition aux orientations de MM Hollande/Valls était irréductible il devait ou ne pas participer au gouvernement ou le quitter de son propre chef.
Dans les temps troublés et difficiles que vit la France, je n’accepte ni la guérilla gouvernementale ni le harcèlement parlementaire.
Il est donc logique que le Président et le 1er ministre choisissent de retrouver une cohérence totale de l’exécutif, seule hypothèse permettant le retour de la confiance.
J’ajoute qu’entre la politique de l’offre (défendue par le gouvernement) et celle de la demande (défendue par Arnaud et les « frondeurs ») il n’y a pas un fossé idéologique tel qu’il justifie, surtout après les choix faits par la majorité parlementaire le 8 avril, la poursuite publique de la confrontation d’orientations économico-sociales.
L’heure est au rassemblement et à l'action, au moins de tous les socialistes, et l’on ne peut perdre du temps ou de l’énergie en polémiques stériles.
Sans doute Arnaud ferait-il un bon candidat à la Présidentielle, et il est vraisemblable qu’il me trouverait à ses côtés compte-tenu de la pertinence de ses idées ; mais pour le moment il est nécessaire de laisser le Président et le 1er ministre mener la politique qu’ils défendent et dont l’efficacité ne devra et ne pourra être jugée qu’au terme de leurs mandats.
Je regrette que la notion d’équipe, le « collectif » comme disent les sportifs, ait tendance à disparaître en politique au profit de l’individualisme groupusculaire et intolérant mais aussi de la dictature de l’immédiat alors même que le temps politique, économique et social est un temps long.
Paraphrasant Jean Jaurès, en cette année tristement anniversaire, je pense que l’heure est pour les politiques, à relativiser leur idéal et à songer au réel vécu par nos concitoyens.
Alors mettons moins en avant nos divergences et valorisons plus nos idées communes pour agir à la sortie de crise.
 
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