Crise agricole
Jeudi, 04 Février 2016 18:12

J ai, avec d autres parlementaires socialistes bretons, interpellé le Commissaire européen en charge de l'Agriculture et du Développement rural par la lettre ouverte suivante:

Monsieur le Commissaire,

 

Nous nous permettons de vous adresser cette lettre ouverte alors que la Bretagne est confrontée à une crise agricole sans précédent. La détresse des éleveurs est profonde, la situation des exploitations agricoles est très préoccupante.

Les agriculteurs souhaitent avant tout pouvoir vivre dignement de leur métier, grâce à des prix rémunérateurs. Or, de nombreux éleveurs des filières porcine, bovine et laitière produisent à perte, les prix payés aux producteurs étant souvent inférieurs aux prix de revient malgré les gains de productivité constants réalisés par les agriculteurs.

En France, le Gouvernement a mis en place un plan de soutien à l’élevage français en vue de soulager les trésoreries des exploitations. Ces mesures d’urgence ne pourront effacer les responsabilités que chacun doit prendre désormais, à l’échelle des filières (des producteurs aux distributeurs), et des pouvoirs publics (des collectivités locales à l’Union européenne).

Aussi, nous attirons votre attention sur trois grands enjeux européens : l’étiquetage de l’origine des produits transformés, la levée de l’embargo russe et les distorsions de concurrence.

En premier lieu, nous soutenons le principe de l’étiquetage obligatoire du pays d’origine de la viande utilisée dans les produits transformés. Il vise à renforcer la traçabilité et à valoriser la production de viandes nées, élevées, abattues et transformées dans chaque pays membre de l’Union européenne.

C’est une attente légitime des éleveurs, des consommateurs, comme des industriels de notre région qui se rallient à cette idée, à l’image de la Cooperl Arc Atlantique ou de l’Union des Groupements de Producteurs de Viande de Bretagne.

En dépit d’une résolution adoptée par le Parlement européen en février 2015, la Commission européenne n’a pas encore pris d’initiative législative à ce sujet. Nous comptons donc sur votre mobilisation pour que cette revendication puisse aboutir dans les meilleurs délais.

Dans cette attente, des initiatives nationales sont engagées. Monsieur Stéphane LE FOLL, Ministre de l’Agriculture, a annoncé un projet de décret pour étendre l’étiquetage de l’origine aux produits transformés. Nous saluons cette initiative forte.

En deuxième lieu, nous souhaitons que les sanctions russes frappant les produits agroalimentaires européens soient levées dès que possible. En effet, l’importation de porcs européens est interdite par la Russie depuis février 2014.

Les éleveurs bretons sont les victimes collatérales des tensions géopolitiques, ce qui fragilise durablement toute une filière de production, pourvoyeuse de nombreux emplois dans l’industrie agro-alimentaire.

Nous vous serions donc reconnaissants de nous indiquer quelles initiatives peut prendre l’Union européenne afin de faire cesser l’embargo russe.

Enfin, les éleveurs nous ont alertés sur les distorsions de concurrence dont ils font l’objet. L’harmonisation des normes sociales, fiscales et environnementales au niveau européen doit être inscrite à l’ordre du jour de l’agenda européen afin que le mouvement puisse s’accélérer, sans s’aligner sur le moins-disant. C’est là une question d’équité entre les agriculteurs français et leurs homologues européens.

Si ces propositions ne constituent pas la solution à la crise agricole en France, elles y contribuent et nous sommes convaincus que l’Union européenne fait partie de la solution.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Commissaire européen, à l’expression de notre haute consideration.

 
Economie bleue
Jeudi, 04 Février 2016 09:15
J’ai participé, ces derniers jours, au débat sur la proposition de loi en faveur de l’économie bleue.

Après avoir travaillé en amont sur les articles de ce texte, je suis intervenu pour appuyer la valorisation de cet atout majeur pour la France qu’est le domaine maritime et celles et ceux qui participent à sa mise en valeur.

Les titres de cette loi, largement votée, sont éloquents sur l’ambition poursuivie :

- Renforcer la compétitivité des exploitations maritimes et des ports de commerce

- Soutenir les pêches maritimes et les cultures marines

Et les chapitres déclinent cette logique en :

- Simplification des procédures administratives

- Rénovation de la gouvernance des ports

- Renforcement de l’employabilité des gens de mer et leur protection

- Renforcement de l’attractivité du pavillon français

- Renforcement des mesures relatives à la sûreté et à la sécurité

Je suis intervenu sur plusieurs amendements dont l’un pour apporter des moyens supplémentaires aux associations d’accueil de marins de commerce présentes dans les ports.

Un autre, essentiel, a été accepté pour ajouter à l’article L5511-1 du code des transports, 3 alinéas qui permettent de distinguer les « statuts » entre marins de commerce et marins à la pêche. En effet ces activités font l’objet, en matière sociale, de conventions internationales distinctes : MLC 2006 et STCW pour le commerce, OIT 188 et STCW-F pour la pêche.

Je tenais à défendre la spécificité du métier de marin pêcheur car des dispositions commerce peuvent se révéler inadaptées au monde de la pêche : il ne peut pas y avoir les mêmes normes pour la taille et les exigences de locaux, pour la qualification du personnel de cuisine ou de table, pour l’indemnité de nourriture, pour ne citer que ces quelques exemples, à la pêche et au commerce.

Au total un bon texte, qui est sorti amélioré de l’Assemblée Nationale, et qui est désormais au Sénat

 
Mission aux USA
Mardi, 02 Février 2016 08:32

usa_2016J’étais toute la semaine dernière en mission aux USA pour la commission Défense de l’AP OTAN.

A Washington, sous la neige, nous avons eu plusieurs rencontres pour harmoniser les positions sur l’Irak, la Syrie, la Libye, l’Iran et toute l’Eurasie.

Le Département d’Etat des Etats-Unis, à travers ses représentants, a échangé avec nous sur la politique étrangère mise en œuvre et des choix faits d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Il nous importait aussi de connaitre les positions exprimées par les différent(e)s candidat(e)s aux primaires américaines.

C’est le problème du contrôle des frontières au Sud que nous avons étudié en Floride. Plusieurs thèmes nous étaient proposés sous l’égide du Commandement Sud des forces armées des Etats-Unis (SOUTHCOM). C’est d’abord à la Base aérienne  de la Garde côtière (USCG) à Opa-Locka que les missions exécutées ont fait l’objet de nos discussions. L’Equipe tactique chargée de l’application des lois nous a été présentée en démonstration statique et dynamique.

Je retiens aussi les missions d’alerte de la base aérienne de la réserve d’Homestead et celles de la base de la garde côtière aussi bien contre les trafics de drogue que pour contrôler les migrations. Tant dans la dimension humaine de l’approche de cette question que dans l’efficacité opérationnelle, je pense que l’Union Européenne a encore des leçons à prendre ici. Je ne manquerai pas de m’en faire écho auprès des autorités concernées.

 
Langues régionales - Réponse à la lettre ouverte de l'UDB
Lundi, 25 Janvier 2016 07:52
Mes responsabilités internationales pour représenter la France me tiennent souvent en dehors de notre pays.

Mais, même si j'avais été là, je n'aurais pas apporté ma voix à cette proposition de loi qui me semblait inappropriée et excessive.

J'ai pourtant voté plusieurs lois (du 10/7/1989 ou du 8/7/2013 par exemple) favorables aux langues régionales mais celle là posait de lourds problèmes. Je n'oublie pas que la langue française est la langue de la République, que ce soit en Bretagne, en Corse ou ailleurs.

Dans cette perspective il est dangereux de proposer (article 1) qu'un enseignement bilingue en langue française et en langue régionale "quelle que soit la durée d'enseignement de ces 2 langues " soit effectué .

Dangereux de mettre sur un pied d'égalité, dans les articles 1, 2 et 3, et sans apporter de garantie aux collectivités territoriales, le financement des établissements associatifs, celui de l'enseignement public et de l'enseignement privé.

Dangereux d'imposer (dans l'article 5) une diffusion en langue régionale sur l'ensemble des chaînes de télévision nationales, publiques et privées.

Même dans la défense des langues régionales, il faut savoir raison garder !

 
L'Arabie Saoudite à la une !
Vendredi, 22 Janvier 2016 15:43

arabie_saoudite_2016_defDeux hebdomadaires, le « Nouvel Obs » et « Le Point » font leur une de cette semaine sur l'Arabie Saoudite.

Je viens d'en revenir car j'ai présidé une mission de mon groupe spécial méditerranée-moyen-orient dans ce pays. Je ne reprendrai pas ici les analyses des journalistes de ces revues même s'ils mélangent des vérités, des approximations et des méconnaissances.

J'ai, quant à moi, commencé par une rencontre particulière avec notre ambassadeur là-bas, Monsieur Besancenot, qui a une très grande connaissance de ce Royaume et nous avons ensuite échangé dans une réunion, tenue à l'ambassade de Grande-Bretagne, avec 15 ambassadeurs.

D'une façon générale nous avons eu des contacts francs et positifs avec nos interlocuteurs de Ryad. Bien sûr la situation géostratégique et régionale (Syrie, Irak, Yémen, Iran), ainsi que la lutte contre le terrorisme, au niveau national et international, ont été au cœur de nos rencontres mais nous avons aussi évoqué les questions sociétales et des droits humains.

Des réunions de travail ont eu lieu avec le Conseil de coopération des États arabes du Golfe, à l'institut des études diplomatiques, ainsi qu'avec plusieurs membres du Conseil Consultatif (Majlis al-Shura) sous l'égide du président de ce conseil du roi, le Dr. Abdullah Ben Mohammed Alsheikh, ainsi qu'avec son vice-président Mohammed bin Amin Jefri. Nous avons eu le plaisir d'assister et d'être salués à la séance plénière de la Shura.

Le roi Salman ben Abdelaziz al Saoud (la dynastie Saoud a d'ailleurs donné son nom au pays) a tenu à nous recevoir pour un entretien, alors même qu'il recevait quelques heures plus tard Laurent Fabius puis le président chinois, Xi Jinping. Avec des membres du GSM et de l'AP-OTAN présentés - voir photo - nous avons pu échanger avec lui sur la situation internationale.

Parmi nos visites et entretiens, outre les ministres et experts saoudiens, je retiens la matinée passée au « Centre pour la consultation et l'orientation », qui est en fait un établissement dédié à la déradicalisation. Il reçoit nombre de « radicalisés », des extrémistes, venant de Guantanamo ou des prisons locales, et a pour objectif de les réinsérer dans la société saoudienne...le taux de réussite est remarquable puisqu'il dépasse les 80 % de personnes ayant repris une vie normale et pacifique.

Au terme de cette mission j'ai pu, à l'ambassade de France et à côté de l'ambassadeur, présenter mes vœux 2016 à nos compatriotes résidant et travaillant en Arabie Saoudite.

 
Copyright 2008 © Gilbert le Bris - Conception & hébergement icomme - Mentions légales