l'OTAN à l'heure de la transformation
Lundi, 11 Avril 2016 12:35

Article paru, ce jour, dans le quotidien Ouest-France

ouest_france_11-04-2016

 
Réouverture du Musée de Pont-Aven
Mardi, 29 Mars 2016 09:01

pont-avenVoici à suivre mon intervention lors de l'inauguration du Musée de Pont-Aven, le 25 mars dernier :

Il y a une force particulière qui nous a entraînés ici, nombreux, en cette fin d’après-midi ! Quelle est-elle ? Le nouveau musée de Pont-Aven ? Gauguin ? Tous les peintres d’ici ? La beauté du lieu ? L’exposition sur les Rouart ? Sans doute tout cela à la fois !
Comme j’ai eu la chance de voir grandir (on est quand même quelques uns ici !) ce musée dédié à l’école de Pont-Aven, je dirai que le bébé des années 60/70, l’adolescent de 1985 est devenu un beau jeune homme (ou jeune fille si, au lieu de parler d’un musée, on parle d’une institution… et aussi pour respecter la parité !).
Oui donc on est là pour le nouveau musée qui a eu « l’art de se réinventer » comme le dit le carton d’invitation.
Mais aussi pour Gauguin bien sûr, dans cette cité où il a vécu, dans ces paysages qu’il aimait, dans cet environnement humain qui l’a porté, l'a transcendé.
Une partie de son œuvre est éclairée par la connaissance, l’appréciation des paysages et des gens d’ici… mais je ne vous parlerai pas de Gauguin… d’autres le font plus savamment que moi !... sauf quand même pour vous dire qu’il y a 130 ans, un vendredi soir (tiens tiens !) il quittait Paris en début d’été pour venir ici « faire de l’Art » comme  il le disait lui-même… il ne savait pas alors qu’il allait aussi faire l’Histoire de l’Art !
Donc Gauguin évidemment !
Mais on est là aussi pour les peintres qui étaient ici avant lui ou avec lui ou après lui… ceux qui l’ont inspiré comme Emile Bernard ou ceux qu’il a inspiré… nombreux en les faisant aller vers une réalité idéalisée, en les incitant à l’audace, en les portant vers le dépassement des préjugés… au sens étymologique du terme !
Oui nous sommes ici aussi pour eux, de même pour la beauté des lieux, l’intégration des bâtiments avec respect, émotion et harmonie, dans cette cité de charme qu’est Pont-Aven.
Et puis pour l’exposition temporaire sur les Rouart, cette saga d’artistes de plusieurs générations successives et dont Henri a eu, historiquement, une connexion forte avec Gauguin.
Donc c’est tout cela : nouveau Musée, Gauguin, les peintres de son école (plus buissonnière que scolaire !) la beauté du site, la connaissance des Rouart…qui nous a mobilisés en cette fin d’après-midi.
Mais notre présence témoigne aussi de la conscience d’assister à une étape importante de la réussite d’un quadruple enjeu :
-    Un enjeu artistique
-    Un enjeu architectural
-    Un enjeu de territoire
-    Un enjeu de cohésion

Un enjeu artistique
Car exposer des œuvres ce n’est pas se contenter d’une opération physique et matérielle d’accrochage de tableaux à un mur en recherchant, autant que possible, un résultat esthétiquement satisfaisant !
Pour qu’un musée ait un sens, pour que des expositions permettent de magnifier des œuvres et de respecter le public qui vient les contempler, il faut un travail de fond, moins visible lui, mais indispensable en amont !
Ce travail d’étude, de mise en perspective, de recherche de cohérence, est ici remarquablement effectué par les équipes du Musée… je veux les en féliciter !
C’est aussi un enjeu architectural car il faut la double réussite d’accueillir des œuvres de l’histoire et d’être, en soi même, une œuvre de création ! Toutes celles et ceux, cabinet d’architecture en tête, qui ont conduit le projet, peuvent être fiers du résultat !
C’est ainsi qu’ici, dans ces lieux historiques, il y aura une mise en valeur des œuvres par une muséographie élégante et moderne, avec des équipements aujourd’hui indispensables, que ce soit pour l’accessibilité ou les nouveaux médias.
Et puis on a la découverte d’éléments d’architecture beaux et pertinents.
On retrouve en fait l’harmonie unifiée de la mémoire, de la beauté et de l’émotion.
Un autre enjeu est un enjeu de territoire.
Nous sommes ici, permettez au député de la circonscription de le dire, au cœur d’une terre de culture : historiquement avec toutes ces chapelles et petits éléments de patrimoine qui parsèment nos terres… plus récemment avec tous ces festivals, fêtes et manifestations diverses qui valorisent notre histoire, nos culture et langue.
Pour rester simplement dans le domaine de la peinture regardons ce podium où l’on retrouve évidemment Pont-Aven, Clohars, sur la plus haute marche mais flanqués de brillants foyers picturaux qu’ont été et sont Concarneau et son groupe de peintres, ainsi que Quimperlé… entre autres !
Un Musée comme celui-ci, et c’est aussi pour cela que j’ai apporté ma pierre, enfin ma petite brique financière, à l’édifice, est une chance pour l’animation de notre territoire, pour l’éducation des enfants (parce que la mémoire est le terreau de l’avenir et qu’il faut que les générations futures  reçoivent ce dont nous avons hérité !) et puis c’est réellement un plus pour notre économie en termes de compétitivité et d’attractivité ! Je peux vous affirmer que, lors de mes nombreux déplacements pour l’OTAN, on me parle souvent de Pont-Aven !
Cet investissement beau, significatif, marquant, niché dans notre magnifique région, peut être un parfait point de départ pour un week-end sur mesure où l’on mixera culture et plaisir.
Ce musée, lieu ouvert sur la société, peut être un point de départ de circuits piétonniers « sur les pas de Gauguin » ou motorisés pour voir tous les sites et paysages que lui, et ses compères, chérissaient.
Enfin c’est un enjeu de cohésion.
La réponse à cette exigence collective qui est la nôtre, de préserver et mettre en valeur notre patrimoine, doit passer par des partenariats entre ces différents acteurs que sont, dans notre pays, l’Etat, les collectivités territoriales et les personnes privées qu’elles soient individuelles, du mouvement associatif ou des entreprises.
C’est la conjugaison des efforts qui fait le succès. L’Etat apportant une cohérence de la politique publique du patrimoine, expertise et conseil.
Les collectivités locales inscrivant cette promotion de l’Art dans leur projet de territoire car cet engagement est porteur de beauté mais aussi de valeurs.
Et les mécènes, les individus ou collectifs, personnes morales ou physiques apportant leur enthousiasme, leurs connaissances et passions, leur engagement, leurs capacités financières, intellectuelles, morales.
Il ne faut surtout pas les oublier toutes ces personnes qui n’ont pas la pérennité, la permanence des institutions, mais ont joué et jouent un rôle essentiel !
Je vais citer ce que je disais le 7 octobre 1986 (et oui j’ai des archives !) au Conseil Général du Finistère à Quimper où je siégeais alors « Les affaires de Pont-Aven ont démarré il y a quelques années déjà lorsque particulièrement un président de société de peinture, dont vous connaissez le nom, a organisé des expositions de renom, concernant Slewinski, Cuno Amiet, le Musée de Varsovie etc. J’abonderai dont tout à fait dans le sens de M. Le Pensec pour dire qu’il me serait agréable que l’on susurre aux intéressés que donner le nom de cette personne que je peux citer, puisqu’il s’agit de feu Maître Dambrine, à une des salles du Musée serait une marque de gratitude appréciée de tous ceux qui ont vu les choses évoluer ».
Bien sûr cette intervention date un peu (30 ans), bien sûr je ne sais pas si elle a toujours sa pertinence dans un contexte changé, bien sûr d’autres noms peuvent venir à l’esprit comme Maurice Malingue ou Bertrand Queinec, d’autres encore évidemment.
Mais une chose est sûre : toutes les bonnes volontés ont été et sont nécessaires. Louis Le Pensec, que je salue et Colette, continue lui aussi son travail, comme il le faisait en tant qu’élu, au service du Musée ! C’est toujours toute une équipe qui doit œuvrer… on ne gagne jamais seul !
En tout cas, et ce sera ma conclusion, l’Art en général, et ce musée y participe, est une force de cohésion.
Dans la logique de Paul Gauguin il favorise l’exigence de décloisonnement, d’ouverture sur d’autres horizons et agit donc, à sa manière, contre l’affrontement sauvage des identités, les logiques agressives d’enfermement ou de communautarisme.
Il nous offre l’imaginaire, l’enchantement, le rêve, l’inspiration contre les tentations, très contemporaines, du désenchantement.
Il agit, comme le fait toujours la culture, contre la barbarie car c’est toujours à l’Art que s’en prennent, dès qu’ils en ont la possibilité, les fondamentalistes, intégristes ou régressifs de tous poils.
Cette force qui nous a entraîné ici ce soir, et qui va pousser à venir de très nombreux visiteurs, et bien c’est celle de la civilisation.
Œuvrons tous en ce sens. Merci.

 
Une Erreur oui et même une Faute
Samedi, 12 Mars 2016 18:18
La municipalité de Concarneau a décidé de vendre à une société de promotion immobilière le bâtiment "ancienne mairie" et les locaux administratifs attenants.
C est une erreur car ces locaux, qui ont eu une vocation publique, devaient la garder compte tenu de leur emplacement.
C est même une faute car ils sont bradés au niveau prix (en limite basse de l estimation des Domaines) alors que ce sont des générations de concarnois qui, par leurs impôts, ont payé ces bâtiments.
C est une erreur car, en paraphrasant E.Rostand en actes on "pouvait y faire bien des choses en somme"! Entre les abattre pour ouvrir le quartier par une belle place ou les réhabiliter à vocation culturelle, muséale, associative ou promotionnelle, l'imagination n'aurait pas manqué pour les utiliser.
C est même une faute car, au lieu de confier à un promoteur privé l'aménagement, faire appel à un office public aurait permis, y compris, par bail emphytéotique et donc retour à terme à la ville, de faire les mêmes aménagements qu'un particulier.
C'est une erreur car ces locaux symboliques n'ont pas à faire les frais de choix municipaux visant à balayer le passé comme pour le nier.
C'est même une faute car avec le même prix que celui dépensé à Foch pour une maison des associations, on pouvait faire une belle rénovation permettant de garder dans le patrimoine communal cet emplacement majeur, porteur pour le développement du centre-ville.
Vraiment privilégier pour une ville le court terme c'est une erreur
Mais oublier l'intérêt à long terme des habitants c est vraiment une faute !
 
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